Mémoire DEC. Soutenir son mémoire, cela se prépare !

Diplômé d'expertise comptable, fondateur de www.ObjectifDEC.com

Réussir le DEC est souvent comparable à courir un marathon. Etape après étape, épreuve après épreuve, il faut répartir son effort, anticiper la prochaine difficulté et s’y préparer efficacement. Le dernier kilomètre du marathonien ? Jusqu’au bout, ne rien lâcher ! Il en va de même pour le candidat qui, fort d’un mémoire réfléchi et travaillé depuis souvent près d’un an, va se présenter à la soutenance dans les prochaines semaines. Petits conseils à son usage.

Quelques statistiques

Se répartissant du 13 au 29 novembre prochain, ce sont près de 900 soutenances qui auront lieu à la Maison des examens à Arcueil, et autant de candidats appelés à présenter leur travail.

Il convient tout d’abord de rappeler que le taux de réussite à l’épreuve du mémoire du DEC varie entre 75 % et 80 %. Toutefois, la moyenne à l’épreuve évolue au gré des sessions autour de 11/20. 

Retour sur les résultats de la session de mai 2019 1

 

Il ressort des résultats de la session de mai 2019 (répartition très stable de session en session) que :

• près d’un candidat sur quatre échoue à cette épreuve, 

• près d’un candidat sur deux obtient une note comprise entre 10 et 12/20,

• moins d’un candidat sur dix obtient une note de 15/20 ou plus,

• les notes exceptionnelles de 18/20 voire 19/20 se comptent par session sur les doigts de la main.

Comprendre les modalités de l’épreuve

Face à une commission d’examen composée de deux examinateurs, la soutenance dure jusqu’à une heure. Les deux examinateurs peuvent être des professionnels de l’expertise comptable ou de l’audit ou des enseignants de l’enseignement supérieur. Le candidat dispose de dix minutes pour réaliser un exposé afin de présenter son mémoire et l’approche retenue. Durant cette phase, le candidat a la parole et peut utiliser, s’il le souhaite, un support autonome (support papier, ordinateur portable ou tablette numérique). A l’issue de cette phase, la commission d’examen échange avec le candidat sur des points précis relevés dans le mémoire (points techniques de fond et points concernant la forme du mémoire). Les questions peuvent également aborder la thématique du mémoire au sens large et ses incidences sur la mission du professionnel. 

Comprendre la notation de l’épreuve du mémoire

Avant de rencontrer les candidats, les examinateurs ont lu et étudié les mémoires reçus. Ils ont déjà une idée de la note que mérite le travail de chaque candidat. Toutefois, la soutenance a un impact réel sur la note finale attribuée. A l’issue de la soutenance, et en dehors de la présence du candidat, la commission d’examen évalue le travail réalisé par le candidat et lui attribue une note basée sur différents critères en lien avec la qualité du mémoire (fond et forme) et de la soutenance.

Maîtriser le contenu de son mémoire

Le candidat doit être maître du travail qu’il a réalisé. Lors de la soutenance, le mémoire a été transmis depuis déjà près de dix semaines. Le candidat s’est vraisemblablement focalisé sur la préparation des épreuves écrites. Il convient toutefois de relire complètement son mémoire (idéalement deux à trois fois dans les semaines précédentes). Par ailleurs, le candidat peut venir avec un mémoire « balisé » : quelques marque-pages judicieusement positionnés autour des points majeurs de son travail lui permettront de gagner en sérénité lors des questions-réponses avec les examinateurs.

Préparer efficacement son exposé

Dix minutes. Il s’agit du temps maximal dont dispose le candidat au début de la soutenance pour valoriser au mieux le travail réalisé en construisant un argumentaire axé autour d’une problématique et de sa résolution opérationnelle à travers le mémoire. Le candidat saura judicieusement démontrer sa légitimité sur le sujet retenu, les difficultés opérationnelles du professionnel et les solutions retenues. Ceci ne s’improvise pas. Le candidat devra donc, en amont de la soutenance, préparer son argumentaire, s’entraîner à le maîtriser et à le contenir en 10 minutes.

Démontrer une prise de recul sur son mémoire

Une des faiblesses fréquentes des candidats réside dans le manque de recul quant au sujet retenu. D’une approche professionnelle terrain nécessaire, il est demandé au candidat de savoir prendre de la hauteur afin de maîtriser tous les enjeux pouvant impacter de près ou de loin le travail du professionnel. Par ailleurs, les enjeux à plus ou moins long terme sur la thématique retenue doivent être analysés afin d’inscrire le mémoire dans une certaine pérennité (la commission d’examen peut proposer le dépôt du mémoire sur Bibliordre afin que celui-ci soit mis à disposition de la profession). 

Chercher à anticiper les zones potentielles de questionnement

Préparer sa soutenance, c’est aussi tenter d’avoir un regard critique sur le travail effectué. Le candidat doit chercher à identifier les zones de faiblesses et les limites de son mémoire. Il peut être ainsi judicieux de préparer un argumentaire permettant de les justifier. Il faut par ailleurs rester en veille active sur la thématique. En effet, l’actualité récente du sujet peut potentiellement constituer une source de questions à destination du candidat.

Savoir répondre efficacement aux questions posées

La commission d’examen échange avec le candidat sous la forme de deux types de questions : 

• des questions à « mémoire ouvert » : les examinateurs se réfèrent à des points spécifiques du mémoire, tant dans le corps de texte que dans les annexes ;

• des questions à « mémoire fermé » : les examinateurs peuvent questionner le candidat sur la thématique du mémoire et ses impacts sur la mission du professionnel.

À ces questions, le candidat doit s’attacher à argumenter et justifier sa réponse. Il ne devra pas hésiter à ouvrir et manipuler son mémoire pour répondre de manière pragmatique aux examinateurs. 

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Il faut rappeler qu’une soutenance de qualité ne s’élabore pas dans la précipitation. Elle constitue l’ultime épreuve du DEC à passer pour le candidat. Plus le travail sera réfléchi et mûri, plus la soutenance sera facilitée et le résultat valorisé par les examinateurs. Pouvant être comparée à une mise en situation professionnelle, elle doit être appréhendée comme telle par le futur diplômé. Ce dernier aura à cœur de démontrer sa maîtrise technique, sa capacité à écouter et à convaincre. Tels seront par la suite ses enjeux quotidiens en tant que professionnel diplômé !  Bonne chance à tous !

 

Retour d’expérience 

Par Julien Fernandez, diplômé 2018 2  

« Après la rédaction de la notice et du mémoire, on pense que le plus gros du travail est derrière soi, mais, il ne faut pas oublier l’étape la plus difficile : convaincre un jury de deux examinateurs que le travail réalisé est utile et pertinent pour la profession.

À mon avis, il n’y a pas de secret pour réussir cette épreuve, plus le mémoire a été travaillé en amont, meilleure sera la soutenance. En effet, difficile d’être confiant et serein en sachant pertinemment que l’on n’a pas fourni dès le départ un travail de qualité. 

La soutenance doit aussi être travaillée : relire le mémoire, anticiper les questions, analyser les points ou sujets à interprétation, s’exercer en réalisant des soutenances blanches, ou se faire accompagner par un coach…

Lors de la relecture, il est possible de trouver encore des erreurs ou des fautes d’orthographe… C’était mon cas. Bien évidemment, le jury me l’a fait remarquer mais ayant répertorié toutes les erreurs, j’ai pu fournir un erratum exhaustif, ce qui a été apprécié. Tout ne peut pas être parfait, mais il est possible de se préparer à certaines éventualités.

Un point qui est peu abordé lorsque l’on parle de cette épreuve est l’attente avant la soutenance. Cela se passe dans les grandes salles d’Arcueil en attendant que les examinateurs reçoivent les candidats. Tous les candidats relisent leur exposé, de manière très concentrée. La préparation de cette épreuve est la clé car si la préparation de la soutenance a été correctement réalisée, inutile de stresser, on peut même en profiter pour discuter avec le personnel du SIEC, toujours prêt à faire rire pour faire redescendre la pression.

Lors de la soutenance, l’attitude du jury peut déstabiliser le candidat (regard appuyé, regard dans le vide, sourire ou plaisanterie) mais il ne faut pas se laisser atteindre, et continuer son discours en étant convaincant. Après discussion avec d’autres diplômés, force est de constater qu’aucune corrélation ne doit être cherchée entre l’attitude des examinateurs et la note attribuée. Il ne faut donc pas y porter attention mais au contraire garder confiance en soi. 

Une fois les 10 minutes d’exposé terminées, le jury attaque les questions qui peuvent être parfois très techniques ou difficiles. Il ne faut pas hésiter à demander des reformulations, des précisions, le but n’est pas de sanctionner mais bien d’avoir un échange. 

Pour ma part, c’est le ressenti que j’ai eu, à savoir, une discussion entre professionnels sur un sujet que je connaissais plutôt bien. La soutenance ressemble à n’importe lequel de nos rendez-vous clients, alors il ne faut pas oublier de sourire et de rester détendu. Parfois, il arrive de ne pas être en mesure de répondre. Le cas échéant, il est possible de dire que l’on se renseignera dans la documentation ou auprès d’autres professionnels, attitude pratiquée face à un client.

Pour autant, plus le sujet aura été travaillé, plus il sera facile de répondre aux questions et ainsi démontrer la maîtrise du sujet. Je pense que c’est l’une des raisons qui m’a permis de rester calme et d’argumenter.

Pour démontrer l’apport du mémoire à la profession, je me suis largement appuyé sur la pratique. Comment avais-je mis en place la méthodologie, quelles ont été les difficultés rencontrées et leurs résolutions, que m’ont apporté les différentes interviews ? Les réponses à ces questions m’ont permis de montrer ma légitimité sur le sujet. D’ailleurs, une grande partie de la soutenance a consisté à échanger avec le jury sur des cas que nous avions réellement rencontrés. Cela fut très enrichissant pour moi.

Si le jury cherche à mettre en défaut un aspect précis du sujet (qui aurait dû être traité par exemple), il convient de comprendre tout en restant convaincu du travail réalisé. Se défendre, oui, mais surtout en acceptant ses torts. Le jury m’a indiqué qu’il aurait souhaité avoir un certain type d’information dans le mémoire. J’ai précisé le parti pris dans le mémoire mais j’ai trouvé leur idée intéressante, pour un prochain mémoire…

Pour moi, un travail de qualité, une expérience terrain, une bonne préparation et un accompagnement par des personnes étant passées par là sont les clés d’une bonne soutenance ». 

 

Pour rappel, ces propositions n’engagent que leur auteur et ne sauraient en aucun cas constituer une prise de position officielle du jury. 

 

1. Basé sur le graphique et les éléments statistiques issus du rapport du président du jury du DEC sur la session de mai 2019. Pour plus d’informations sur la session de mai 2019, le lecteur est invité à s’y référer.

2. Julien Fernandez a obtenu la note de 16/20 lors de la session de novembre 2018 pour son mémoire intitulé : « La revue du système d’information lié à la production des comptes consolidés dans le cadre du commissariat aux comptes ».

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