L’impact de la Covid-19 sur le monde associatif

Chargée de mission au CSOEC - secteur non marchand

Après plus d’un an et demi de crise sanitaire, comment les associations ont-elles ressenti ses effets sur leur activité, comment se sont-elles armées au fil du temps et comment envisagent-elles l’avenir ? Réponse avec l’enquête « Covid-19 : un an après, où en sont les associations ?

Cette enquête a été réalisée du 30 mars au 30 avril 2021 par le Mouvement associatif, en partenariat avec le Réseau national des Maisons des associations (RNMA) et Recherches & solidarité, en lien avec la Direction de la jeunesse de l’éducation populaire et de la vie associative du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, et avec le soutien d’Hexopée et de France générosités.

L’objectif de cette enquête, menée auprès de 9 458 responsables d’associations de toutes tailles, de tous secteurs d’activité et de toutes régions, est multiple : 

• évaluer les impacts de la crise sanitaire sur les associations, après les précédentes enquêtes réalisées en mars et en juin 2020 ;

• approfondir les besoins (notamment en matière d’accompagnement) que la crise a fait émerger.

Voici les chiffres clés de l’enquête, traduits en infographies.

Les résultats de l’enquête en détail

Sur le plan collectif et de l’organisation

La crise a conduit à de nécessaires adaptations au fil du temps pour 73 % des associations. 

11 % des dirigeants déclarent que la crise a également engendré d’autres changements :

• adaptation du fonctionnement statutaire (projet associatif, statuts, règlement intérieur) ;

• nouvelle organisation des bénévoles (dont les pratiques numériques) ;

• délocalisation, adaptation des activités ;

• adaptation des moyens humains et financiers ;

• offre d’activités nouvelles ;

• communication (externe et interne) renforcée ;

• coopérations inter-associatives renforcées.  

Parmi les principales difficultés liées à la crise, celles qui ont impacté le plus fortement le bénévolat dans les associations sont : 

• l’impossibilité pour des bénévoles de mener leurs actions (locaux inaccessibles) ;

• la perte de contact avec certains bénévoles (arrêt ponctuel des activités) ;

• la cessation d’activité de certains bénévoles par crainte du virus.

Mais elle ne se résume pas à ces aspects, comme l’indique le graphique ci-après.

Sur le déroulement des activités 

40 % des associations étaient quasiment à l’arrêt fin avril.

Parmi leurs préoccupations immédiates, par ordre d’importance :

• la réouverture des structures d’accueil ou des locaux ;

• la nécessaire adaptation de leurs activités dans la durée ;

• la reprise ou la poursuite des relations avec les adhérents ;

• la (re)mobilisation des bénévoles ;

• l’adaptation de leurs activités (saison sportive ou culturelle annulée) ; 

• l’application des mesures barrières pour mener à bien leurs activités ;

• la confirmation de leurs partenariats financiers ;

• la reprise ou la poursuite du dialogue avec les administrations ;

• le besoin de nouveaux bénévoles (certains ayant cessé leur activité) ;

• la gestion d’un surcroît d’activité.

Sur le plan économique et financier :

78 % des associations ont subi les effets de la crise sur leurs ressources et charges en 2020. Ce chiffre était encore de 76 % en 2021.

Au demeurant, cette enquête conclut que deux tiers des associations présentent un bilan acceptable pour l’exercice 2020.

Elle montre que 14 % des associations accuseraient un déficit qui pourrait dépasser 10 % des produits et que 4 % seraient susceptibles d’un dépôt de bilan, à court ou moyen terme.

Les associations en danger sont moins nombreuses en 2021 : 15 %. Le chiffre était de 24 % en 2020.

Rapports avec les partenaires

Dans les rapports avec leurs partenaires publics, 55 % des associations continuent de bénéficier de situations favorables, ce qui est moins vrai avec leurs partenaires privés, où le bilan est moins bon : 29 %.

Les mesures de soutien

En avril 2021 :

• 21 % des associations déclaraient avoir bénéficié des solutions financières proposées par les pouvoirs publics (contre 14 % en 2020). 

• 7 % des associations avaient déposé une demande, sans succès. 

• 13 % des associations n’avaient pas déposé de demande, par méconnaissance de leur existence ou de leurs conditions d’application, et 21 % faute d’aides correspondant à leurs besoins.

• 33 % des associations n’avaient pas déposé de demande, cela n’ayant pas été nécessaire.  

Les besoins d’accompagnement

Pour les mois qui viennent, les associations ont des sujets d’inquiétude plus ou moins importants.

Pour prendre connaissance des autres besoins d’accompagnement exprimés par les associations sondées, mais également de leur perception des évolutions souhaitables d’ici la fin de l’année 2021 (réorientation du projet associatif et du plan d’actions, regroupement avec d’autres entités…) de l’évolution des facteurs d’inquiétude, ainsi que de la spécificité des situations en fonction des secteurs d’activité, nous vous invitons à consulter les résultats détaillés de cette excellente enquête. 

Source : « Covid-19 : Un an après, où en sont les associations ? » Publié le 8 juin 2021.  

https://www.associations.gouv.fr/IMG/pdf/resultats_detailles_-_enquete_covid-19_un_an_apres.pdf

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