Méthodologie d’évaluation des microcentrales hydroélectriques

Photo Mikol Alain
Professeur à ESCP Europe

En 2017, les énergies renouvelables sont un marché d’avenir de plus en plus innovant, important et à fort potentiel de croissance : la filière de l’énergie verte est un secteur de 600 entreprises représentant 20 milliards d’euros de chiffres d’affaires et 100 000 emplois.  D’ici 2020, il est prévu 125 000 emplois supplémentaires grâce à la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte 1.

L’énergie hydraulique est la première des énergies renouvelables françaises grâce à un nombre important de terrains montagneux propices au développement de barrages et à des connaissances technico scientifiques qui se sont constamment améliorées depuis son apparition dans la 2ème moitié du 19e siècle.

L’engouement qui règne autour des énergies renouvelables, et plus particulièrement du secteur hydraulique, peut s’expliquer par la prise de conscience mondiale des problèmes écologiques liés à l’émission de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique, mais également par l’amoindrissement inéluctable des ressources en énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). Les prix de rachat a priori attrayants proposés aux sociétés productrices d’électricité renouvelable font également naître des vocations.

Toutefois, il s’agit d’un secteur très spécifique qui fait l’objet d’un cadre législatif et réglementaire très rigide et en évolution constante. La règlementation française du marché de l’énergie s’articule essentiellement autour de « contrats d’obligation d’achat d’électricité » par les distributeurs, représentés principalement par EDF, d’appels d’offres, et du dispositif « du complément de rémunération ».  

Les procédures pour la réalisation d’un projet de microcentrales hydroélectriques sont longues et fastidieuses car les porteurs de projets doivent obtenir un grand nombre d’autorisations pour pouvoir exploiter la force de l’eau, faire valider l’étude des impacts écologiques et demander le raccordement au réseau électrique.

Par ailleurs, les sites hydrauliques sont déjà majoritairement détenus par des personnes souhaitant transmettre leurs turbines à leurs enfants ou les vendre. 

Le développement de ce secteur méconnu offre une palette de missions à l’expert-comptable, dont en particulier des missions d’évaluation.

Objectifs du mémoire

Proposer à l’expert-comptable un guide méthodologique lui permettant une correcte appréhension des particularités et des risques liés à l’évaluation des microcentrales hydroélectriques.

Intérêt du mémoire

Il intéresse bien entendu tous les acteurs du secteur des microcentrales hydroélectriques mais aussi les spécialistes en évaluation d’entreprises qui trouveront une application de méthodes bien connues à un secteur particulier.

Plan

Les deux parties de ce mémoire comprennent chacune quatre chapitres.

Première partie – Le secteur de la micro hydroélectricité : contexte, évolutions et opportunités pour l’expert-comptable. 

Cette première partie est consacrée à la présentation et à la compréhension du secteur de l’hydroélectricité, ainsi qu’aux opportunités de missions pour l’expert-comptable : contrats d’obligations d’achats d’électricité ; évolutions réglementaires en lien avec le respect de l’environnement ; contraintes afférentes à l’activité de production d’électricité, notamment en milieu aquatique…  Cette première partie s’achève sur la place de la mission au sein du cadre normatif de l’expertise comptable, les spécificités de la lettre de mission et  les actions envisageables pour commercialiser la mission.

Deuxième partie – Proposition d’une méthodologie pour évaluer les sociétés productrices d’hydroélectricité : application à une société détenant des microcentrales hydroélectriques.

 Cette seconde partie répond à l’objectif proprement dit du mémoire, à savoir proposer une méthodologie.  Elle commence par exposer comment réaliser un diagnostic de pré-évaluation en tenant compte de la situation administrative et juridique, de la production et de la rentabilité économique. Puis, elle décrit les différentes méthodes pour déterminer la valeur d’une société du secteur en insistant sur la méthode DCF (discounted cash flows). Elle explique ensuite les principes de l’appréciation de la prime de risque compte tenu des risques spécifiques au secteur de l’hydroélectricité. Pour finir, cette partie présente l’importance du compte-rendu de la mission au client et les différentes missions connexes à la mission d’évaluation, par exemple l’aide à l’acquisition d’une centrale.

Remarques à l’usage des futurs mémorialistes

Ce mémoire prouve une fois de plus qu’un sujet de mémoire d’expertise comptable est rarement original mais que, en revanche, illustrer des méthodes connues (ici des méthodes d’évaluation) dans un secteur particulier lié à sa pratique professionnelle, permet de rédiger un mémoire original.  C’est à ce titre que, outre ses autres qualités, l’auteur a amplement mérité l’excellente note de 16/20 2.

Auteur

Sophie Clément : « Méthodologie d’évaluation des microcentrales hydroélectriques : guide pratique pour l’expert-comptable », session de mai 2017, 124 pages + 118 pages d’annexes. 

 

1.  Loi no 2015-992 du 17 août 2015 dite de manière abrégée « loi de transition énergétique ».

2. Les examinateurs donnent une note unique après avoir évalué le mémoire et sa soutenance.

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